02Le chantier
Détail du chantier
Hôtel particulier du quartier Mazarin, à Aix, bâti au début du XVIIIe siècle. Création d’une salle d’eau à l’étage noble, dans une ancienne antichambre, pour un propriétaire qui souhaitait éviter de traverser la maison la nuit.
Ce que le lieu imposait
Le bâtiment est situé en site patrimonial remarquable. Aucune modification visible en façade n’était envisageable : ni sortie de ventilation, ni évacuation nouvelle en descente extérieure. Tout devait passer à l’intérieur.
Le plancher est en bois sur solives de forte section, avec un parquet d’origine à conserver. Percer sans savoir ce qu’on traverse n’était pas une option : une solive entaillée fragilise le plancher sur toute sa portée, et il s’agissait ici de poutres du XVIIIe.
Les murs, enfin, sont en pierre de taille de soixante centimètres, avec un enduit à la chaux qu’il fallait préserver.
Le relevé préalable
Nous avons commencé par un relevé complet : détection des solives sous le parquet, repérage des réseaux existants, mesure de la hauteur disponible entre le plancher fini et le plafond de l’étage inférieur.
Ce relevé a déterminé l’implantation. Le point d’évacuation ne pouvait se trouver qu’à un endroit précis, entre deux solives, à l’aplomb d’une gaine technique déjà utilisée pour une salle de bain créée au siècle dernier.
Les travaux
Alimentations en multicouche, passées en plinthe démontable le long du mur de pierre plutôt qu’encastrées — on ne saigne pas un mur du XVIIIe, et une plinthe se dépose pour toute intervention future.
L’évacuation a été reprise sur la gaine existante, avec une pente contrôlée au laser sur une distance courte, ce qui a nécessité de surélever le receveur de six centimètres sur une estrade en bois, traitée comme un élément de menuiserie plutôt que comme un ouvrage technique.
La ventilation, faute de sortie possible, a été raccordée sur un conduit existant après vérification de son tirage, avec un extracteur silencieux à détection d’humidité.
Le receveur extra-plat en résine, découpé sur mesure, épouse un angle irrégulier de la pièce.
Le résultat
Une salle d’eau complète dans un volume de quatre mètres carrés, sans aucune modification visible depuis l’extérieur, sans entaille dans une solive et sans saignée dans la pierre.
Le propriétaire dispose du plan coté des réseaux, ce qui permettra à quiconque interviendra ensuite de savoir ce qui passe derrière la plinthe.
Ce que nous avons refusé de faire
Le projet initial prévoyait une baignoire îlot au centre de la pièce. Le relevé de charge a montré que le plancher, en bois sur solives d’origine, ne reprenait pas une baignoire pleine à cet endroit — la portée y était maximale et aucun mur porteur ne passait dessous. Nous l’avons dit avant le devis plutôt qu’après la pose. La douche à receveur extra-plat retenue en remplacement pèse le tiers, se raccorde à la gaine existante, et n’a demandé aucun renfort de structure.
